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Un organisme de surveillance des médias défend le directeur de la radio publique arménienne pour avoir critiqué Pashinian

Par TheArmTimes

Un organisme de surveillance des médias défend le directeur de la radio publique arménienne


Mise en contexte


Un organisme de surveillance de l'éthique des médias a pris la défense du directeur exécutif de la radio publique arménienne, Garegin Khumarian, qui avait été censuré par un organisme d'État pour avoir critiqué les déclarations du Premier ministre Nikol Pashinian sur le conflit avec l'Azerbaïdjan.


Les critiques de Pashinian sur la Déclaration d'indépendance de 1990


Dans une interview accordée à la radio publique le 1er février, Pashinian s'en est pris à nouveau à une déclaration d'indépendance de 1990 citée dans le préambule de la Constitution arménienne. Il a affirmé que l'Arménie « ne connaîtra jamais la paix » avec l'Azerbaïdjan tant que cette référence existera. En conséquence, Pashinian a défendu son projet d'essayer d'adopter une nouvelle constitution qui ne ferait vraisemblablement aucune mention de la déclaration.


La réponse de Khumarian


Dans un article d'opinion publié sur le site web de la radio publique, Khumarian a contesté les commentaires de Pashinian. Il a accusé le Premier ministre de demander à ses concitoyens de « cesser d'être arméniens » plutôt que de « devenir plus forts » face aux menaces existentielles de l'Azerbaïdjan. Selon lui, cette politique n'empêchera pas l'agression de l'Azerbaïdjan contre l'Arménie. Il a également accusé le gouvernement de Pashinian de ne pas avoir reconstruit l'armée arménienne depuis la guerre de 2020 dans le Haut-Karabakh.


La réaction du Conseil de la radiodiffusion publique


Le Conseil arménien de la radiodiffusion publique, qui nomme les responsables de la télévision et de la radio publiques, a accusé Khumarian d'avoir abusé de ses pouvoirs pour exprimer son point de vue personnel sur le site web de la radio de manière « arbitraire » et « incontestée ». Le conseil nommé par Pashinian s'est engagé à examiner la conformité de l'article de Khumarian avec les « normes éthiques et juridiques ».


L'intervention de l'organe de surveillance de l'éthique des médias


Le Conseil a ensuite demandé à l'organe arménien de contrôle de l'éthique des médias de se prononcer sur la question. Cet organe indépendant, créé par plusieurs dizaines de médias, est composé d'une douzaine de journalistes, anciens ou actuels, et de militants de la liberté de la presse.


Les conclusions de l'organe de surveillance


Dans une déclaration publiée cette semaine, l'organe de surveillance a conclu que Khumarian n'avait violé aucune règle éthique ni abusé de sa position et qu'il avait agi conformément à « l'exigence légale de pluralisme » imposée au radiodiffuseur public. La réaction du Conseil à son article n'était donc pas « à la hauteur de la situation ».


La réaction du président du Conseil


Le président du Conseil a refusé de commenter la conclusion de l'organisme de surveillance. Il a laissé entendre que l'organisme de surveillance ne prévoyait pas de prendre d'autres mesures à l'encontre de Khumarian.


Le soutien de l'organe de surveillance à Khumarian


Khumarian a remercié l'organe de contrôle de l'éthique des médias de l'avoir soutenu. « Cela montre une fois de plus que notre profession, notre communauté doit s'engager sur la voie de l'autorégulation », a-t-il déclaré au service arménien de RFE/RL.


L'avenir de Khumarian


Bien que disculpé par l'organe de surveillance des médias, Khumarian pourrait encore perdre son emploi, car son contrat de cinq ans expire le mois prochain. Le Conseil du radiodiffuseur public devra alors choisir un nouveau directeur de la radio publique sur une base prétendument concurrentielle. Khumarian a déclaré qu'il participerait au concours car il est soutenu par la grande majorité des quelque 340 employés de la radio.


Conclusion


La défense par l'organe de surveillance de l'éthique des médias du directeur de la radio publique arménienne, Garegin Khumarian, constitue une victoire pour la liberté de la presse en Arménie. Cela montre que les organismes indépendants sont prêts à défendre les journalistes contre les pressions politiques. Il reste cependant à voir si Khumarian conservera son poste, car son contrat expire prochainement et il est soumis à un renouvellement concurrentiel.

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